René Cuerrier



René Cuillerier arriva en Nouvelle-France le 7 septembre 1659.

Il avait signé un engagement avec sœur Judith Moreau* de Brésoles, supérieure de l’Hôtel-Dieu de Montréal, devant le notaire

A. Demontreau à La Rochelle, le 8 juin 1659.

Par cet acte, il devenait serviteur de l’hôpital de Ville-Marie

à un salaire annuel de 75#. Dès l’automne, il était à Montréal

et, le 25 octobre 1661, avec quelques colons secondés

de membres de la garnison et dirigés par l’abbé Guillaume Vignal*,

il se rendit à l’île à la Pierre, dans le Saint-Laurent,

pour y extraire des matériaux destinés à l’achèvement

de la contruction du premier séminaire de Montréal.

Mal lui en prit, car les Iroquois, qui rôdaient dans les environs, attaquèrent les travailleurs, en tuèrent quelques-uns, en blessèrent d’autres et capturèrent Vignal, Claude de Brigeac*,

Cuillerier et Jacques Dufresne.

Cuillerier et Brigeac furent emmenés en captivité chez les Onneiouts.

Ils reçurent la bastonnade et Cuillerier eut les ongles arrachés.

Les Indiens décidèrent alors de brûler les deux Français.

Brigeac fut supplicié le premier, mais Cuillerier fut sauvé

par une Indienne qui demanda à l’adopter

« afin de lui tenir la place de son frère ».

Durant sa captivité qui dura 19 mois, il rencontra d’autres compagnons d’infortune : Michel Messier, dit Saint-Michel,

et Urbain Tessier, dit Lavigne.

Au printemps de 1663, Cuillerier profita d’une partie de chasse

avec les Onneiouts, auxquels s’étaient joints des Agniers

et quelques Français captifs, pour s’enfuir vers la Nouvelle-Hollande.

Il se rendit au fort Orange, d’où il passa à Boston

pour atteindre finalement Québec.

De retour à Montréal à la fin de l’été, il reprit

son service chez les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu.

Le 20 mai 1665, il s’établit sur l’île de Montréal,

ayant obtenu des Sulpiciens une concession de 45 arpents.

Cette terre fera partie du fief de Verdun, concédé en 1671.

Il participa à la fondation de Lachine et en devint le

premier marguillier en 1675.

L’année suivante, sa maison fortifiée

prit le nom de fort Cuillerier.

Au recensement de 1681, il avait

32 arpents en valeur et il possédait six fusils,

un pistolet et six bêtes à cornes.

Malade depuis un certain temps, Cuillerier fit son testament

le 22 mars 1712 devant le curé Louis-Michel de Vilermaula*

de Lachine. Ses dernières volontés seront déposées

dans le greffe de Jean-Baptiste Adhémar* le 26 janvier 1716.

Même si la date de sa mort nous est inconnue,

un acte notarié du 27 janvier 1718, passé devant

le notaire Adhémar et déposé dans le greffe

de Michel Lepallieur, nous signale que la dame Lucault

est « demeuré veufve dud Sieur son époux depuis plus de Cinq ans ».

René Cuillerier avait épousé, le 13 avril 1665, dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Marie Lucault, fille de Léonard Barbeau, dit Lucault, et de Barbe Poisson. De ce mariage sont nés 16 enfants,

dont 7 ont été baptisés à Montréal et les autres à Lachine.

Claude Perrault

AJM, Greffe de J.-B. Adhémar-, Greffe de Michel Lepailleur ; Registres d’état civil de Notre-Dame de Montréal ; Registre d’état civil de Lachine.— Archives du séminaire de Saint-Sulpice, Paris, François Citoys de Chaumaux, Estat des concessions faites par les seigneurs de Montréal.— JJ (Laverdière et Casgrain).— Recensements du Canada, 1667 et 1681 (Sulte).— Camille Bertrand, Monsieur de La Dauversière, fondateur de Montréal et des religieuses hospitalières de Saint-Joseph 1597–1659 (Montréal, 1947) , 230.— [Faillon], Histoire de la colonie française.— Archange Godbout, Les passagers du Saint-André ; la recrue de 1659

(« Société généalogique canadienne-française », V, Montréal, 1964).— Mondoux, L’Hôtel-Dieu de Montréal, 239, 246, 247.


 

 

Famille Cuerrier