Histoire de Julien Brousseau

 

Fils de Damien Brosseau et de Marguerite Omelet, de la paroisse de Sainte-Croix de Nantes en Bretagne, Julien épouse à Québec, le dimanche 28 octobre 1668, Simone Chalifou, baptisée à Québec le lundi 16 octobre 1655, fille de Paul Chalifou et de Jacquette Archambault. Le contrat de mariage est passé devant le notaire Paul Vachon, le lundi 29 octobre 1668. De leur union naissent sept enfants. Son épouse décède le mercredi 26 octobre 1695. Il contracte mariage devant Jean-Robert Duprac, le vendredi 16 janvier 1699, avec Élisabeth Bédard, née à Québec le vendredi 16 juin 1673, fille de Jacques Bédard et de Élisabeth Doucinet, de Charlesbourg, et l'épouse à cet endroit le lundi 9 février 1699. De leur union naissent trois enfants.

 

Un document du 5 août 1679, nous apprend son arrivée au pays en 1662. Le 25 juillet de cette même année, Jacques Join dit Languille lui doit la somme de 104 livres pour des marchandises.

 

C'est comme tailleur d'habits qu'il gagne largement sa vie, mais davantage en faisant intelligemment valoir l'argent qu'il possède. Le 29 juillet 1665, il déclare avoir pris chez madame Desgroseillers les meubles qui appartenaient à monsieur Laprade et il donne quittance à Nicolas Dupuis.

 

Il avait reçu une terre au Cap-de-la Madeleine en 1663 et en obtient une autre le 20 janvier 1666. Entre temps le sieur de La Touche lui avait concédé une terre à Champlain. Dès le 23 janvier, il confie à Guillaume Larue, la tâche de lui construire à cet endroit, une maison de seize pieds par dix-huit pieds moyennant 30 livres. Le 12 juin 1666, Jacques Drouet du Cap s'engage à lui bûcher cinq arpents de bois, sur sa terre, moyennant 75 livres. Il fait transport, le 2 septembre 1666, du bail de la maison affermée au sieur Charles Blassan au Cap, à Jacques Loyseau dit Grandinière, de Batiscan, moyennant 22 livres. Ce dernier devra cependant la rendre au sieur Blassan à son retour de France.

 

En 1667, au recensement, il habite au Cap-de-la-Madeleine et possède trois arpents en valeur. Le 4 août de la même année, il achète pour 50 livres, l'habitation de Pierre Comptant au même endroit et, le 4 octobre suivant, pour la somme de 180 livres, la maison de Benjamin Anseau dit Berri. Le 10 mars 1668, il se porte acquéreur pour le montant de 1000 livres, payable sur dix ans, de l'habitation de François Fafart et de Marie Richard au Cap. Il a pour voisins Nicolas Rivard  et Élie Bourbeau. Il loue pour un an, le 10 septembre suivant, à raison de 30 livres, sa maison du Cap-de-la-Madeleine à Charles Blassan et continue d'acheter des propriétés au Cap-de-la-Madeleine ou, le premier mai 1669, il fait l'acquisition au coût de 120 livres, d'une maison appartenant à François Poisson et construite sur un emplacement voisin du sien.

 

Toujours intéressé dans l'immobilier, il se fait construire, le 20 mars 1670, par le charpentier Pierre Verrier dit La Saulaye, une maison de dix-huit pieds par seize pieds au Cap, moyennant 40 livres, et promet de fournir les hommes et les matériaux nécessaires. Pour faire valoir sa terre, il engage Louis Lefebvre dit Lacroix à lui mettre six arpents en valeur, pour la somme de 80 livres, le 18 janvier1671. Fidèle à ses obligations il obtient quittance de François Fafart, le 9 décembre 1677, de la somme de 100 livres restant à verser sur les 1000 livres pour l'achat de son habitation.

Il fait l'acquisition, le 27 mars 1679, d'une terre de deux arpents de front, appartenant au chirurgien Félix Thunaye du Cap-de-la-Madeleine. Il s'engage à lui verser une rente annuelle de dix-neuf minots de blé. Marguerite Hayet, épouse de Médard Chouart Desgroseillers, lui loue pour cinq ans à raison de huit minots de blé et deux minots de petit pois par année une terre de quatre arpents de front par quarante arpents de profondeur au Cap, le 29 juin 1680.

 

Au recensement de 1681, il possède un fusil, sept bêtes à cornes et trente-cinq arpents de terre en valeur. Le 6 octobre de cette même année, il loue pour trois ans de Michel Leneuf Lavallière, les terres de la seigneurie nommées les Savannes, entre la baie aux Grues et la baie du Sud, au bout du Lac Saint-Pierre du côté du sud, et s'engage à y faire bâtir une maison à ses frais mais obtient le pouvoir de concéder des terres dans cette seigneurie et d'en retirer les cens et rentes ce qu'il fait en cédant des terres à Pierre Le Jambe, le 23 mai 1682, à son fils Joseph, le 23 septembre1683 et à Louis Poupart dit Lafleur, le 25 septembre suivant, le 29 mars 1682, il doit 440 livres et 4 sols au marchand Pierre Le Boulanger. Il possède, dans la seigneurie de Saints-Ours, une terre avec une petite maison dont il se départit en la vendant 40 livres à Julien Dubord dit Lafontaine, le 7 août 1682.

 

Il s'intéresse également à la traite comme en fait foi un acte du 19 mars 1863 où il verse 100 livres à François Arnaud dit Desmarches pour dédommager et annuler leur société de traite. Le 30 juin 1864, il déclare que les pelleteries qu'il a remises au sieur Adhémar de Saint-Martin, le 31 mars, par l'intermédiaire de monsieur de La Chesnaye, lui ont été passées en compte par monsieur Dubois qui doit à monsieur De La Chesnaye. Il habite toujours à Yamaska le 2 juillet 1684 quand il vend trois bêtes à cornes au boucher Nicolas Lecomte, pour la somme de 49 livres. Le 6 octobre suivant, il loue une vache d'Étienne Verron dit Grandmesnil pour dix livres de beurre par année. On le dit habitant à la rivière Saint-François quand, le 20 août 1686, il doit au marchand de Montréal, Jean-Jacques Patron, 346 livres 13 sols et 4 deniers pour des marchandises.

 

Il quitte finalement Cap-de-la-Madeleine pour la région de Québec, en 1689. Après avoir engagé, le 25 septembre 1688, Gilles Dupont du Cap pour réaliser des travaux sur sa terre, il achète de Jean Lerouge le 15 avril 1689, pour ses deux fils, Joseph et Nicolas, une habitation de quatre arpents par vingt sur la route de Saint-Antoine dans la seigneurie de Saint-Gabriel, paroisse de Charlesbourg. Il va s'y établir avec ses fils et se départit en faveur de son beau-frère, Germain Langlois, le 7 mai suivant, des trente-six pieds de terre de front qui constitue la part de terre en héritage par son épouse.

 

Bien décidé à terminer ses jours dans la région de Québec, le 16 mai 1690, il cède à Charles Aubert de La Chesnaye, pour 1300 livres deux concessions de terre de quatre arpents par quarante qui lui appartiennent au Cap-de-la-Madeleine. Avec ses beaux-frères, le 7 mars 1694, il consent à ce que sa belle-mère, Jacquette Archambault, puisse vendre la maison et tous les biens qui lui appartiennent. Son épouse décède à l'Hôtel-Dieu de Québec, le 26 octobre 1695. En 1696, il accepte, au nom de son fils Charles, la donation en cas de mort que lui fait son frère Nicolas, prêt à partir pour la guerre. Les Jésuites lui concèdent une terre de trois arpents et six perches de front dans leur seigneurie de Saint-Gabriel, le 5 mars 1698. Ses fils Nicolas et Joseph vendent aux Jésuites, au prix de 800 livres, la terre qu'il a contribué à acheter à la Côte Saint-Antoine.

 

Le voyant "sans rien pour subsister et dage caduc ", ils lui font don, le 20 juin suivant, d'une terre qu'il ont achetée 300 livres, du nommé Guérin, à Saint-Antoine. Le 8 février1700, il loue pour neuf ans, à 60 livres par année, une portion de maison de dix pieds par vingt sur la rue des Pauvres et appartenant à André Couteron.

 

Il décède à Charlesbourg le 12 janvier 1713 et y est inhumé le lendemain. Sa veuve fait procéder à l'inventaire des biens par le notaire Duprac le 27 janvier 1713.

 

Texte extrait du site internet :

http://www.associationdesbrousseau.com/

 

Source. :

 

A.N.Q. G.N.

 

Latouche 29-07-1665; 23-01-1666; 12-06-1666; 02-09-1666; 04-08-1667; 10-03-1668; 10-09-1668;

Cusson 01-05-1669; 20-03-1670; 18-01-1671; 27-03-1670; 29-03-1682; 25-09-1683; 25-09-1688;

Audouart 25-07-1662;

Ameau 20-01-1666; 06-10-1681; 23-05-1682; 02-07-1684; 06-10-1684;

Maugue 07-08-1682;

Basset 20-08-1686

Rageot 07-05-1689; 16-05-1690;

Adhémar 09-12-1677; 29-06-1680; 19-03-1683;

Chambalon 27-05-1696

Genaple 15-04-1689; 07-03-1694;

Duprac J.R. 16-01-1699; 27-01-1713.   

 

 

Dictionnaire Biographique des Ancêtres Québécois, (1608-1700)

Michel Langlois

S.G.Q. 5-1000-1

Famille Brousseau