Antoine Boudrias

Quand Antoine Boudrias est-il arrivé en Nouvelle-France, nous l'ignorons. Nous savons toutefois qu'il y était déjà depuis quelque temps au printemps 1687 puisqu'il se retrouve chez le notaire Maugue pour l'achat d'une terre à Laprairie. Le contrat de vente s'intitule « vente par le Sr Caël a anthoine Bourderea ».

Cet Antoine Bourderea ne peut être que notre Antoine Boudrias puisqu'il n'existe aucune trace d'une famille Bourderea à cette époque. De plus, comme nous le verrons plus loin, un autre contrat en fournit une preuve indiscutable. Nous avons découvert l'existence de ces contrats lors d'une visite en août 1999 à la Société Historique de Laprairie. Il semble que personne avant aujourd'hui n'a su faire

le rapprochement entre les noms Bourderea et Boudrias.

C'est une découverte dont nous sommes fiers.

Dans le contrat (1) de vente conclu l'avant-midi du 1e avril 1687,

et passé en présence de François Blot et du Sr Jacques la Marque bourgeoise, nous apprenons qu'Antoine Boudrias devient propriétaire d'une « habitation de quatre arpens de front sur vingt de profondeur sise a la prairie de St. Lambert ».

Ses voisins seront d'un côté Pierre Foubert et de l'autre Charles Detailly. Il acquiert du même coup « une maison qui est construite dessus de pieces sur pieces de bois ».

Le 27 avril, le Sr Caël reconnaît avoir reçu de l'acquéreur la somme de Cent Soixante livres en pieces de quatre Sols et huit deniers.

Ce n'est que deux ans plus tard, soit le 2 juin 1689 qu'Antoine épousera à Laprairie Jeanne Plumereau, fille de Julien

et de Jeanne Barbier. L'acte de mariage nous apprend qu'Antoine

est le fils de Léonard et de Jeanne Aramour. Malheureusement,

on n'y mentionne pas l'origine de ses parents. Par contre, à l'acte figure des gens originaires du Limousin : Étienne Campeau et Catherine Polo, oncle et tante de l'époux. , ainsi que François Campeau fils d'Étienne. L'épouse est dite avoir résidence à Laprairie. Elle a environ quatorze ans. Sa sœur Marguerite et son beau-père François Blain sont aussi présents au mariage célébré

par le sulpicien Jean Frémont.

Le jeune couple s'installe-t-il à Laprairie dans la maison acheté

deux ans plus tôt par Antoine ? On peut le supposer sans en avoir

la preuve. Toujours est-il que trois ans après leur mariage naît

leur premier enfant. Jeanne Marguerite sera baptisée le lendemain de sa naissance, le 4 juin 1692, à Lachine. C'est sa tante,

Marguerite Plumereau mariée à Jean Cardinal, qui lui sert

de marraine. La famille Boudrias demeure maintenant à Lachine,

à la ferme du sieur Cuillerier, où l'année suivante

le 23 décembre 1693 sera baptisé leur premier fils qu'on

nomme Jean-Baptiste comme son parrain

Jean-Baptiste Fournier.

Le 20 février 1694, Antoine Boudrias qui n'a plus besoin de sa terre de Laprairie la vend à François Couturier, le mari de sa cousine Louise Campeau, fille d'Étienne et Catherine Paulo. Nous avons également retrouvé ce contrat (2) à la Société Historique

de Laprairie. Ici encore on utilise le patronyme Bourderea. Mais cette fois on indique que son épouse se nomme Jeanne Plumereau

et on ajoute qu'Antoine avait acheté l'habitation de « défunt

Sr Caël ». Il n'y a donc plus aucun doute sur l'identité de celui que

le notaire Maugue nomme Antoine Bourderea.

Sa tante Catherine Paulo s'engage à payer la terre que son gendre achète. La somme de 120 livres qu'elle fournit remplace en partie

le douaire que son époux Étienne avait promis à sa fille lors de son mariage le 23 mai 1688. François Couturier sortira gagnant de

cette transaction puisque dix mois plus tard il revend la même

terre 400 livres sans même donner la « cavale ». On se souvient qu'Antoine avait payé cette habitation 160 livres, sept ans plus tôt.

Tous les enfants d'Antoine et de Jeanne, au total sept garçons

et quatre filles, naîtront à Lachine. Le 4 janvier 1693 Antoine achète d'Edme Sallé dit La Cave, 2 x 20 arpents au Sault St-Louis.

Il aura comme voisin Jean Roy et Barthélémi Le Maistre dit Barbe de lin. Les affaires vont bien puisque quatre ans plus tard Antoine demande à son voisin Jean Roy de lui vendre 2 X 20 autres arpents voisins des précédents. La transaction se conclut chez le notaire Adhémar le 5 novembre 1697.

Dix-huit ans plus tard, le 22 juillet 1715, Antoine Boudrias alors demeurant à la montagne achète une partie de la terre de François Brunet dit Lafaye. Selon Archange Godbout, notre ancêtre était sans doute alors au service des MM. De St-Sulpice, car le 9 janvier 1721, ils lui afferment leur domaine de la montagne. Antoine décède à l'Hôtel-Dieu de Montréal le 20 janvier 1730 et y est inhumé le lendemain. Sa veuve hérite d'une belle ferme à la Côte St-Antoine

et d'une autre à Lachine.

Références:

http://www.genealogie.org/ancetres/boudrias.htm

Famille Boudrias